Chapitre 1 Je le ferai demain - Par Martine Carignan

Chapitre 1 Je le ferai demain - Par Martine Carignan

Chapitre 1

Grèce, mai 2011, 33 ans

Le début de la fin

 

 

Jour 1

Ma destination finale approche et je me sens de plus en plus fébrile. Une fébrilité différente de tous les autres voyages que j’ai faits jusqu’à maintenant. J’ai choisi la ville de Kos parce qu’elle est à la fois magnifique et loin de chez moi. C’est à cet endroit que je vais sceller mon destin.

Je me concentre à garder en tête mon objectif. La dernière chose que je veux est de me détourner de ma route. Après tout si j’ai choisi cette destination, c’est pour être loin de tout et des miens. En faisant quelques recherches avant mon départ, je voulais trouver un endroit près de moi pour demeurer en Europe et faciliter l’exécution de mon idée.

C’est dans cet état d’esprit et vidée de toute énergie que l’avion m’a déposée dans ce pays inconnu, la Grèce. Kos est parfaite afin que rien ne vienne contrecarrer mes plans.

À la sortie de l’avion, l’hôtesse m’a gentiment souhaité un bon séjour sur l’ile paradisiaque, comme elle le faisait, tout sourire, pour chaque passager. Je me suis demandé si elle était aussi heureuse dans sa vie personnelle que dans sa profession. Ou peut-être n’était-ce qu’une façade.

J’exécute rapidement la traversée des manœuvres aéroportuaires que la plupart des touristes trouvent pénibles après un long voyage. Pour moi, ce n’est qu’une succession d’actions automatiques me permettant d’éviter de penser : contrôles douaniers, récupérations des bagages, etc. Ma petite valise rose avec des grosses fleurs, question de la repérer facilement, remplie de calmants se pointe sur le tapis roulant. J’ai fait ma provision de médicaments en Suisse, où je me trouvais depuis quelques semaines, en magasinant stratégiquement dans diverses pharmacies, sur plusieurs jours. Il ne fallait jamais trop en acheter à la même place en même temps pour ne pas éveiller de soupçons.

En voyageant avec une compagnie intra-Europe, la fouille des valises est beaucoup moins probable. Je me sens en contrôle de la situation. Tout est planifié et marchera tel que je me le suis imaginé. Je veux mourir, mais pas souffrir davantage.

Beaucoup d’avions ont atterri et la file d’attente pour les taxis me semble désespérément longue. Pourtant, je laisse vagabonder mon esprit en écoutant le mélange linguistique qui m’entoure.

Je suis une amoureuse des voyages, j’ai une carte du monde chez moi que je marque à chacun de mes retours à l’aide d’une punaise. J’ai débuté tranquillement par découvrir le Québec, ensuite le Canada, je suis descendue dans le sud et maintenant je découvre l’Europe. J’espérais me rendre un jour en Asie, en Océanie.

Chaque destination est une aventure exceptionnelle pour moi. J’aime m’imprégner des langues. De la culture. Je ne reste jamais sur les sites touristiques. J’explore la vraie vie. Celles des vrais gens à chaque endroit où j’ai la chance de poser mon regard. J’ai emmagasiné des tonnes de souvenirs.

Bien sûr, je n’irai jamais en Afrique, en Océanie ou plus loin encore, car mon voyage prend fin ici, en Grèce.

Après une demi-heure d’attente, c’est enfin mon tour. Le chauffeur qui se présente à moi sous le nom de Dimitrius embarque mes bagages dans le coffre de la voiture puis me demande quelle est ma destination finale. S’il savait…

Sortant de mon sac à main l’adresse de l’hôtel, je la lui tends d’un geste nonchalant et quelque peu hautain. Il faut avouer que j’ai depuis quelques années une attitude plutôt snob et que je regarde les gens de haut. La vie m’a changée. Elle m’a fait connaitre le luxe, les voyages, le bon vin et les repas payés une petite fortune pour n’en manger que deux bouchées avec un quasi-dédain.

En me conduisant à travers la ville, Dimitrius entretient la conversation. Monologue auquel je ne prête pas attention, mais qui peu à peu m’intéresse et me permet de découvrir une partie de l’histoire de Kos.

Ma compréhension de l’anglais est de base et la langue grecque m’est totalement inconnue, pourtant les explications de Dimitrius sont compréhensibles, il mélange les deux langues et associe la gestuelle à ses mots. Il se retourne régulièrement vers moi pour chercher l’approbation sur mon visage montrant que je comprends ce qu’il me raconte. J’ai toujours eu une peur bleue des conducteurs inconnus. Au fond de moi, je lui crie de regarder la route plutôt que de se tourner constamment vers moi. Je pourrais plutôt espérer que le taxi entre en contact avec un camion, un poteau, la route, ça serait réglé, mais ça ne suivrait pas le plan, je veux mourir, mais je ne veux pas souffrir ni être sauvée.

Dans les rues, les gens se promènent et rien ne les distingue des gens de mon pays. Bien sûr la plupart sont des touristes, car l’ile de Kos est l’une des plus grandes iles touristiques du pays. Je m’attendais à voir des vêtements plus typiques, comme de grandes robes blanches vaporeuses, les Khiton, et des sandales.

Et pourquoi pas une couronne de laurier tant qu’à être dans les clichés ? Nous sommes en 2011 et les premiers Jeux olympiques sont passés depuis longtemps. Seules les inscriptions sur les commerces me font sentir loin de chez moi. Évidemment, l’architecture de la ville est elle aussi très différente de ce que j’ai l’habitude de voir, mais mon regard s’est d’abord posé sur les personnes et non sur les maisons.

Les gens me fascinent. J’imagine leurs secrets. Que cachent-ils sous leur masque ? Tout le monde porte un masque.

Que cachent-ils derrière leur faux sourire comme l’agente de bord, sous leur maquillage ? C’est évident qu’ils font semblant. C’est ça la vie. Faire semblant de sourire et souffrir en silence.

Nous sommes finalement arrivés devant mon hôtel, une immense bâtisse cossue qui révèle sa vocation : offrir un séjour de luxe aux clients fortunés qui viennent se faire dorloter quelques jours pour oublier les petits tracas quotidiens.

Dimitrius se retourne une dernière fois et me rend la carte de l’hôtel que je lui ai donnée un peu plus tôt. Avec sa voix joyeuse, il m’annonce que nos chemins se séparent.

— Hôtel Le splendide, nous sommes arrivés, Mademoiselle.

À cet instant précis, la radio diffuse la chanson What a wonderful world, la version de Louis Armstrong. Les larmes me montent aux yeux immédiatement et mon esprit s’envole quelques années plus tôt. Cette chanson-là tient une place particulière dans mon cœur, c’est la chanson sur laquelle j’ai ouvert le bal de mon mariage.

Je me retrouve instantanément transportée dans mes souvenirs, dans ma robe Verra Wong à dix mille dollars, mon mariage si parfaitement planifié, réglé au quart de tour. Un an de préparation pour cette journée. 

Comme dans les films, je danse avec mon père. Je le regarde dans les yeux, le rassurant sans dire un mot. Je n’ai jamais été aussi heureuse de toute ma vie. J’ai fait le bon choix.

Mais il le savait lui, mon papa, le matin en arrivant sur le parvis de l’église. Il me voyait chercher mon fiancé des yeux pour être certaine qu’il n’avait pas oublié de se présenter à son propre mariage.

Ce qu’il ignorait c’est pourquoi j’avais si peur que Vincent ne soit pas là. Quelques heures plus tôt en allant chez mon coiffeur, munie d’une bonne bouteille de Veuve Clicquot, de mes plus proches amies et de ma maman, j’avais croisé ma voiture avec à son bord notre meilleur ami et une, comment dirais-je, une blonde vaporeuse encore un peu éméchée de la veille qui sortait, je le savais bien, tout droit de la chambre d’hôtel réservée pour mon futur époux. Je le connaissais assez pour être certaine qu’il ne l’avait certainement pas ramassée pour être gentil sur le bord de la route et à voir son allure, somnolente presque comateuse en fait, je me faisais une idée bien précise de la nuit très courte et agitée. La culpabilité dans les yeux de mon ami m’en disait long. Nous n’avons pas parlé, nous nous sommes simplement fixés un instant avant qu’il ne poursuive son chemin. J’ai fait comme si rien de tout ça ne venait de se produire et c’est le sourire faux aux lèvres que ma joyeuse bande et moi sommes entrées dans le salon afin d’être belles pour le plus beau jour de ma vie.

Je me demandais quand même si une seule et unique bouteille de bulles serait suffisante pour me permettre de commencer cette journée. Il n’était que neuf heures. J’espérais que ma demoiselle d’honneur, la blonde de l’ami coupable que nous venions de croiser, ait prévu le coup. Elle avait effectivement prévu deux bouteilles supplémentaires accompagnées de jus d’orange. Sans doute pour se sentir moins fautive de commencer à boire aussi tôt.

*

La voix de Dimitrius me ramène abruptement dans le taxi, devant cet hôtel magnifique dans ce pays inconnu. Il a perçu mon trouble, ses yeux accrochent les miens et d’une voix douce me dit, tout en montant le volume de la radio :

— Mademoiselle, écoutez les paroles de cette chanson, elles reflètent la vérité et quels que soient vos problèmes, n’oubliez jamais que la vie est un cadeau et qu’elle nous apporte plein de belles surprises. Surtout lorsqu’on n’y croit plus et que l’on n’attend plus rien d’elle.

Cet homme avait-il le pouvoir de lire dans les pensées ou était-il simplement à l’écoute des autres à ce point ? Il existe des gens avec cette capacité de se connecter à l’autre et de les saisir en un instant. Dimitrius était peut-être l’un d’eux. Mais son message n’avait plus d’importance, mon choix était clair. Ma décision était prise.

Il aurait pu être un très bon psychologue. Il avait raté sa vocation. Il me tend un CD en me disant que la musique permet de s’évader et d’oublier les soucis et ajoute que ce serait mon premier souvenir de la Grèce. Je règle la course et referme la porte de la voiture avant qu’il ne me coute aussi cher qu’une consultation en bureau privé.

Alors que le valet de l’hôtel s’occupe de mes valises, Dimitrius poursuit la discussion.

— Vous êtes une belle personne Mademoiselle, mais vous êtes encore plus belle à l’intérieur.

Pour appuyer ses paroles, il met son poing sur son cœur.

— Ne l’oubliez jamais et ne laissez personne vous faire croire le contraire.

Les larmes aux yeux, je hoche la tête tout en lui souriant. Aucun son ne peut sortir de ma bouche. Il remonte dans son taxi et s’éloigne en me faisant un signe de la main. Je reste plantée là quelques minutes regardant la voiture jaune disparaître. Cet homme était plein de bon sens, mais il ne me connait pas, ni moi ni mon histoire pathétique. Il ignore tout de ma détresse.

Ce sera ce soir. Quand j’ai une idée en tête, je parviens toujours à mes fins. Je suis passée de coiffeuse à apprentie comptable en moins d’un mois, pour ensuite passer de celle qui entrait des données dans une comptabilité sans savoir exactement pourquoi à trésorière sur un grand conseil d’administration en moins de deux ans. Rien ni personne ne me ferait changer d’avis.

Après avoir accompli les formalités d’usage pour l’inscription à l’hôtel, j’arrive enfin dans ma chambre. Ma chambre de luxe qui ne m’impressionne pas outre mesure. Je suis habituée à cette opulence. Même ma vie quotidienne a toujours, ou presque, été somptueuse, si on fait fi des neuf derniers mois. Comment en suis-je arrivée là ? Je me le demande à chaque instant.

Cette chambre est reposante, le grand lit à baldaquin en bois est recouvert d’une belle couette blanche et d’une multitude d’oreillers, aussi immaculés. Les oreillers… Mon esprit retourne encore une fois dans le passé. Je pense à cette barricade d’oreillers qu’avait faite mon mari à notre première nuit ensemble. Il disait que c’était pour « protéger ma vertu », n’ayant pas réussi à louer deux chambres. Je n’y croyais pas du tout. Son regard qui ne me quittait pas rempli de désir me prouvait qu’il mentait. 

La vue de la ville de Québec de cette chambre du dernier étage était absolument époustouflante. C’était la première fois de ma jeune vie que je mettais les pieds dans une suite. Devant la grande baie vitrée étaient disposés deux fauteuils et le téléviseur à écran plat dissimulé dans une armoire de bois. Il avait tout prévu.

Et il le fait toujours, même si je suis à des milliers de kilomètres de lui. Vincent a tout prévu pour mon arrivée ici en Grèce. Il est d’ailleurs le seul à qui j’ai communiqué ma destination. J’avais besoin qu’il me transfert de l’argent. Je lui ai dit où j’allais, mais pas pourquoi. À la suite de notre entente de divorce à l’amiable, il me devait une bonne somme en échange de mes parts de la compagnie et de la donation de la maison. Je lui avais demandé de tout garder, pour éviter que ça ne tombe entre de mauvaises mains. Je n’ai pas passé les derniers mois de ma vie si bien entourée. De toute façon, je n’en aurai plus besoin. 

Sur la petite table de salon, un beau bouquet de lys avait été déposé, ajoutant une note romantique à l’ensemble. Belle attention de mon ex d’avoir prévenu que ce sont mes fleurs favorites. La salle de bain est la pièce la plus épatante. Une immense baignoire d’angle entourée de miroirs. L’avant de la baignoire est recouvert d’une mosaïque impressionnante représentant une vague déferlante.

Le sol est recouvert de simples galets et un palmier fait office de porte-vêtements. On se serait réellement cru sur une plage paradisiaque.

J’ignore s’il est commun de faire le tour complet d’une chambre d’hôtel avant de défaire ses valises, mais je l’ai toujours fait. Comme si je venais d’acquérir cette chambre, comme si je l’avais achetée et qu’elle m’appartenait. Je me suis souvent demandé ce que je ferais si elle ne me convenait pas. Aurais-je le cran de me présenter à la réception pour en demander une autre ? J’en doute. En tout cas celle-ci me convient parfaitement et elle est peut-être même trop belle pour la raison de ma présence en ces lieux. Ce serait du gâchis. Je m’efforce de ne pas y penser.

Je décide de laisser mes valises où elles sont. Je prends seulement ma trousse de toilette et me dirige à la salle de bain pour me faire couler un bain chaud. L’habituelle trousse de produits fournis par l’hôtel contient savons, shampoings et autres accessoires courants mis à la disposition des clients, mais également un petit sachet de pastilles colorantes pour le bain. J’en choisis une bleue et la regarde se dissoudre en donnant une belle teinte turquoise à l’eau.

Je me déshabille et enfile le peignoir de l’hôtel, blanc et si doux, qui me rappelle le premier cadeau que mon mari m’avait fait alors que l’on se connaissait à peine. Il avait trouvé touchant qu’à notre premier soir je m’extasie sur le peignoir de la suite de Québec et de mon aveu de n’en avoir jamais porté, de mon rêve d’en avoir un à moi.

La baignoire était si grande qu’il m’aurait fallu deux couches de maquillage supplémentaires à retirer avant de me glisser dans l’eau et d’en avoir jusqu’au haut du corps. J’ai l’habitude de me cacher derrière un masque de produits de beauté achetés à fort prix tous les jours depuis des années. Un masque me protégeant de tout. Un masque me permettant d’afficher une allure distinguée, un visage heureux aux yeux de tous.

Je retourne dans la chambre, mais la perspective de vider ma valise me semble encore plus futile qu’à mon arrivée. J’ouvre la bouteille de Veuve Clicquot achetée à l’aéroport. Elle est température pièce, moi qui aime déguster ce nectar très froid. La joie que je ressens habituellement à « popper » le bouchon et à en laisser dégouter sur le sol est absente. Je l’ouvre sans joie, sans débordement, seulement parce que j’aime l’idée d’avaler la tonne de cachets avec des bulles plutôt qu’avec de l’eau.

Je me munis de ma bouteille, ma flute et m’arme de cinq boites de médicaments. Comme une automate, je me dirige vers la salle de bain. Je laisse tomber mon peignoir, installe tout mon attirail à proximité de la baignoire, attrape la petite boite en plastique dans ma trousse de toilette et me glisse dans la baignoire.

L’eau est chaude, très chaude et me picote la peau comme de petites lames. J’attrape la petite boite de plastique que j’ai posée sur le bord de la baignoire. Tout en fixant cet objet intensément, je me mets à penser à Horatio.

Horatio Cain, le flic de CSI Miami, le rouquin qui résout les meurtres. Je suis une fan inconditionnelle de cette série américaine. Je l’imagine penché sur mon corps sans vie, dans cette magnifique salle de bain à se demander ce qui a pu m’arriver, qui m’a assassinée, qui je suis, d’où je viens et se mettre à examiner la pièce à la recherche d’un indice. Dans mon esprit très mélodramatique, j’imagine que cela lui prendra des semaines pour retracer la mystérieuse inconnue et ainsi rapatrier mon corps. En conclusion de son enquête, il remettra ses lunettes noires, penchera sa tête sur le côté (c’est une attitude très habituelle chez Horacio) et dira quelques mots avant que la musique du générique ne débute.

J’ouvre la petite boite contenant des lames de rasoir étincelantes, puisque neuves.

Il est prévu dans mon plan de m’ouvrir les veines et de laisser la vie s’écouler lentement hors de moi. Je veux me sentir partir tout doucement, sans pleurs, sans regret, sans éclaboussures.

Quoiqu’à la réflexion sans éclaboussures je n’en suis pas sure, dans les films on ne voit pas le sang jaillir lorsque la personne s’ouvre les veines, mais est-ce la réalité ?

Laisser la vie s’écouler hors de moi, me sentir partir doucement, sans pleurs, sans regret, en beauté.

En beauté ne me semble pas être non plus le mot approprié. Tout ce sang rouge qui va gâcher l’harmonie de cette pièce bleue. Un lac de sang au milieu d’une ile paradisiaque.

Je suis une fille bien organisée, je pense toujours à tout. Je veux mourir, mais ne pas souffrir. J’ai donc prévu avaler une tonne de cachets avec ma bouteille de bulles. Sauf que, dans ce scénario, personne ne saura que j’ai voulu mettre fin à mes jours, ils pourraient simplement penser que l’alcoolique en moi aura abusé une fois de trop. C’est pour pallier cette éventualité que je vais m’ouvrir les veines et dans le bon sens en plus. Pas de long en large, mais bien verticalement en suivant la veine. J’ai bien lu sur le sujet. Tout ce que je fais est sur la coche, ce le sera jusqu’à la toute fin. De cette façon, tout le monde le saura que ce n’était pas un accident, mais un acte volontaire.

Ce serait plutôt le scénario d’un film d’horreur et non celui d’un épisode de CSI Miami.

Un film d’horreur où des d’adolescents partis faire une escapade en voilier se retrouvent échoués sur une ile déserte et, au milieu de ce paradis, ils découvrent un lac de sang qui les engloutit à tour de rôle. Je délire encore. Mon esprit est parti loin. Bientôt, mon corps ira le rejoindre.

Je reviens à Horacio, car dans mon esprit torturé, c’est lui qui viendra sur les lieux. Lui qui doit résoudre le mystère de ma mort.

Mais quel mystère ? Horacio enquête sur des crimes et là il s’agit d’un suicide. Or il n’y a pas d’enquête lors d’un suicide. Pas de meurtre, pas d’enquête, pas d’Horacio.

Pas d’Horacio, pas de longues suppositions sur la raison de ma mort, donc pas de longues semaines d’enquête avant le rapatriement de mon corps.

J’aurais dû choisir un hôtel de Miami, question de rendre mon fantasme plus crédible.

Je suis tellement épuisée. Mon esprit est chaotique. Je dois élaborer un autre plan puisqu’Horacio n’en fait plus partie. Je ne m’en sens pas la force ce soir. Je repose mes lames sur le bord de mon lac de sang, resté bleu pour ce soir. L’eau s’est refroidie et je commence à grelotter. Je sors après m’être rapidement lavée et m’enroule dans mon peignoir blanc. Je dissimule les cachets et les lames au fond de ma trousse à maquillage. Je repars avec ma bouteille, ne prenant même pas la peine d’amener ma flute. Je la termine directement au goulot. 

Demain est un autre jour. 

C’est sur cette idée que je me glisse sous les draps et que je m’endors instantanément, en me disant que je le ferai demain.

VOUS AVEZ AIMEZ,  UTILISER LE CODE : SOLDECHAPITRE1 POUR 30 % DE RABAIS. 

 

Étiquette